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Santé et Prévention

Les 10 signes qui indiquent que votre chat est malade

6 min de lecture

Le chat est un maître dans l’art de dissimuler ses faiblesses. Héritage de ses ancêtres félins sauvages, cette capacité à masquer la douleur et la maladie complique le diagnostic précoce des affections. Pourtant, certains signes comportementaux et physiques peuvent alerter un propriétaire attentif. Savoir les reconnaître permet d’intervenir rapidement et d’améliorer considérablement le pronostic. Voici les 10 signaux d’alarme à ne jamais négliger.

1. Modification du comportement alimentaire

Un changement dans les habitudes alimentaires constitue souvent le premier indicateur visible d’un problème de santé.

Perte d’appétit (anorexie)

Un chat qui refuse sa nourriture pendant plus de 24 heures doit être examiné. L’anorexie peut révéler :

  • Des douleurs buccales (gingivite, stomatite, fracture dentaire)
  • Une insuffisance rénale chronique
  • Une atteinte hépatique
  • Une infection systémique
  • Un état nauséeux (problème digestif, empoisonnement)

Chez le chat, un jeûne prolongé (au-delà de 48 heures) peut déclencher une lipidose hépatique, affection potentiellement mortelle nécessitant une prise en charge urgente.

Augmentation de l’appétit (polyphagie)

À l’inverse, un chat qui mange beaucoup mais maigrit peut souffrir de :

  • Hyperthyroïdie (très fréquente chez le chat âgé)
  • Diabète sucré
  • Syndrome de malabsorption intestinale
  • Parasitisme massif

2. Changements dans la consommation d’eau

L’observation de la prise de boisson fournit des indices précieux sur l’état de santé rénal et métabolique.

Augmentation de la soif (polydipsie)

Un chat qui boit significativement plus qu’à l’habitude peut présenter :

  • Insuffisance rénale chronique : principale cause chez le chat âgé
  • Diabète sucré : souvent associé à une polyphagie et un amaigrissement
  • Hyperthyroïdie : fréquente après 8-10 ans
  • Infection urinaire ou cystite
  • Syndrome de Cushing (rare chez le chat)

Si votre chat se met à boire dans des endroits inhabituels (lavabos, baignoire, plantes), cela peut signaler une polydipsie naissante.

Diminution de la prise de boisson

Plus difficile à détecter, une diminution de la consommation d’eau peut conduire à une déshydratation et aggraver certaines pathologies, notamment urinaires.

3. Modifications urinaires

Les troubles urinaires sont fréquents et potentiellement graves chez le chat.

Augmentation de la quantité d’urine (polyurie)

Souvent associée à la polydipsie, elle accompagne les mêmes pathologies (insuffisance rénale, diabète, hyperthyroïdie).

Difficulté ou douleur à uriner (dysurie)

Les signes évocateurs incluent :

  • Nombreux allers-retours à la litière avec production faible ou nulle
  • Miaulements plaintifs dans la litière
  • Léchage excessif de la région génitale
  • Urines teintées de sang (hématurie)
  • Urines hors de la litière (malpropreté inhabituelle)

Ces symptômes peuvent révéler une cystite, des calculs urinaires ou, chez le mâle, une obstruction urétrale constituant une urgence vitale nécessitant une intervention immédiate.

4. Troubles digestifs

Vomissements et diarrhées méritent une attention particulière selon leur fréquence et leur aspect.

Vomissements

Un chat qui vomit occasionnellement des boules de poils n’est généralement pas inquiétant. En revanche, des vomissements répétés (plusieurs fois par jour), persistants ou contenant du sang nécessitent une consultation rapide.

Causes possibles :

  • Ingestion de corps étranger ou de toxique
  • Insuffisance rénale chronique
  • Hyperthyroïdie
  • Maladies inflammatoires de l’intestin (MICI)
  • Pancréatite
  • Tumeurs digestives

Diarrhée

Une diarrhée aiguë peut être d’origine alimentaire et se résoudre spontanément. Une diarrhée chronique ou hémorragique suggère :

  • Parasitisme intestinal
  • Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin
  • Infections bactériennes ou virales
  • Insuffisance pancréatique
  • Tumeurs digestives

5. Difficultés respiratoires

Contrairement au chien, le chat respire très rarement la gueule ouverte. Une respiration anormale est toujours préoccupante.

Signes de détresse respiratoire

  • Respiration rapide au repos (> 40 mouvements/minute)
  • Respiration abdominale marquée
  • Narines dilatées
  • Extension de la tête et du cou
  • Respiration bouche ouverte
  • Toux (rare chez le chat, toujours anormale)

Ces symptômes peuvent révéler :

  • Un asthme félin
  • Une insuffisance cardiaque (cardiomyopathie)
  • Un épanchement pleural (liquide autour des poumons)
  • Une pneumonie
  • Un corps étranger laryngé

Toute difficulté respiratoire chez le chat constitue une urgence vétérinaire.

6. Léthargie et modification du comportement

Un chat habituellement actif qui devient apathique, se cache ou refuse les interactions sociales envoie un signal d’alarme.

Indicateurs comportementaux

  • Diminution des activités de jeu et d’exploration
  • Augmentation du temps de sommeil
  • Isolement dans des endroits inhabituels
  • Perte d’intérêt pour l’environnement
  • Agressivité inhabituelle (souvent liée à la douleur)

Ces changements accompagnent pratiquement toutes les maladies et indiquent que l’animal souffre ou ne se sent pas bien.

7. Perte de poids

Un amaigrissement progressif passe souvent inaperçu, surtout chez les chats à poils longs.

Évaluation corporelle

Pesez régulièrement votre chat (idéalement mensuellement pour les chats âgés). Une perte de poids de plus de 10 % en quelques semaines justifie une consultation, même si l’appétit est conservé.

L’amaigrissement malgré un appétit normal ou augmenté oriente vers :

  • Hyperthyroïdie
  • Diabète sucré
  • Maladies digestives chroniques
  • Tumeurs

8. Négligence du toilettage

Le chat consacre naturellement plusieurs heures par jour à sa toilette. Une diminution de ce comportement est significative.

Signes de négligence

  • Pelage terne, gras, emmêlé
  • Présence de pellicules
  • Odeur inhabituelle
  • Accumulation de sécrétions autour des yeux ou du nez

Un toilettage régulier aide à détecter ces problèmes. La négligence du toilettage peut résulter de :

  • Douleurs articulaires (arthrose)
  • Douleurs buccales
  • Obésité empêchant l’accès à certaines zones
  • État général dégradé (insuffisance rénale, infection)

9. Mauvaise haleine

Contrairement à une idée reçue, une haleine très désagréable n’est pas normale chez le chat.

Causes de l’halitose

  • Maladies dentaires : tartre, gingivite, stomatite, résorptions dentaires (très douloureuses)
  • Insuffisance rénale chronique : haleine urémique caractéristique
  • Diabète décompensé : haleine cétonique (odeur d’acétone)
  • Tumeurs buccales : plus rares mais possibles

Une inspection régulière de la cavité buccale permet de détecter rougeurs, saignements ou masses suspectes. Les soins dentaires préventifs réduisent considérablement les risques de pathologies buccales.

10. Modification de la posture ou de la mobilité

Des changements dans la façon de se déplacer ou de se positionner révèlent souvent des douleurs.

Signes évocateurs

  • Boiterie persistante
  • Difficulté à sauter (sur le canapé, l’arbre à chat)
  • Raideur au lever
  • Position anormale (dos voûté, tête basse)
  • Réticence à se déplacer

Ces symptômes orientent vers :

  • Arthrose : très fréquente chez le chat âgé mais sous-diagnostiquée
  • Traumatismes : fractures, entorses
  • Douleurs abdominales : position “en prière” (train avant abaissé, postérieur relevé)
  • Atteintes neurologiques : parésies, paralysies

Quand consulter en urgence ?

Certains symptômes nécessitent une consultation vétérinaire immédiate, sans attendre :

  • Difficultés respiratoires
  • Impossibilité d’uriner (mâle)
  • Convulsions
  • Traumatisme visible (chute, accident)
  • Saignements abondants
  • Hypothermie ou hyperthermie sévère
  • Prostration sévère avec refus de se déplacer
  • Vomissements incoercibles
  • Diarrhée hémorragique profuse

Conclusion

La vigilance reste votre meilleur atout pour préserver la santé de votre chat. Tout changement persistant dans son comportement, son appétit, ses habitudes d’élimination ou son niveau d’activité mérite d’être pris au sérieux. N’attendez pas que les symptômes s’aggravent : un diagnostic précoce améliore considérablement les chances de guérison et limite les traitements invasifs.

Intégrez l’observation de votre chat à votre routine quotidienne et n’hésitez pas à consulter votre vétérinaire au moindre doute. Associée à une prévention rigoureuse incluant vaccination, vermifugation et protection antiparasitaire externe, cette vigilance garantit à votre compagnon une vie longue et épanouie à vos côtés.

Mots-clés
chat symptômes diagnostic urgence

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