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Santé et Prévention

L'alimentation préventive : nourrir son chien pour prévenir les maladies

7 min de lecture

L’alimentation représente le premier pilier de la santé de votre chien. Au-delà de simplement “nourrir”, une nutrition réfléchie et adaptée constitue un véritable acte de prévention santé. Obésité, allergies, troubles digestifs, calculs urinaires, vieillissement prématuré : de nombreuses pathologies trouvent leur origine ou peuvent être aggravées par une alimentation inadaptée. À l’inverse, un régime équilibré et personnalisé selon l’âge, la race, l’activité et l’état de santé de votre chien contribue à prévenir ces affections et à prolonger son espérance de vie en bonne santé.

Les principes fondamentaux de la nutrition canine

Contrairement à l’homme, le chien est un carnivore à tendance omnivore dont les besoins nutritionnels spécifiques doivent être respectés.

Les nutriments essentiels

Une alimentation équilibrée pour chien doit fournir :

Protéines : éléments de construction des tissus, enzymes et hormones

  • Sources de qualité : viandes, poissons, œufs
  • Besoins : 18-25 % de la ration selon l’âge et l’activité

Lipides : source d’énergie concentrée et support des vitamines liposolubles

  • Fournissent les acides gras essentiels (oméga-3 et oméga-6)
  • Besoins : 10-15 % de la ration

Glucides : source d’énergie facilement mobilisable

  • Le chien peut s’en passer mais les utilise efficacement
  • Privilégier les glucides complexes (riz, patate douce) aux sucres simples

Fibres : favorisent le transit intestinal et la satiété

  • Particulièrement importantes pour les chiens en surpoids ou constipés

Vitamines et minéraux : cofacteurs métaboliques indispensables

  • Un aliment complet industriel couvre normalement ces besoins
  • La supplémentation sans indication peut être dangereuse

Eau : le nutriment oublié

L’eau constitue 60-70 % du poids corporel du chien. Un accès constant à une eau propre et fraîche est vital. Les besoins hydriques augmentent avec l’activité physique, la température ambiante et certaines pathologies (insuffisance rénale, diabète).

Adapter l’alimentation aux différentes étapes de vie

Les besoins nutritionnels varient considérablement selon l’âge du chien.

Le chiot en croissance

La période de croissance est critique : des erreurs alimentaires peuvent avoir des conséquences irréversibles sur le développement osseux et articulaire.

Principes clés :

  • Aliments spécifiques “chiot” ou “junior” jusqu’à 12-18 mois selon la taille
  • Apports élevés en protéines de qualité (25-30 %)
  • Ratio calcium/phosphore contrôlé (crucial pour les grandes races)
  • Énergie adaptée sans excès (risque de croissance trop rapide chez les grandes races)
  • Fractionnement des repas (3-4 fois/jour jusqu’à 6 mois, puis 2 fois/jour)

Erreurs à éviter :

  • Sur-complémentation en calcium (favorise les dysplasies et malformations)
  • Alimentation “adulte” trop précoce
  • Ration ménagère mal équilibrée

Pour accompagner le développement harmonieux du chiot, la nutrition est essentielle.

Le chien adulte

De 1 an (petites races) à 7-8 ans (grandes races), le chien nécessite une alimentation d’entretien équilibrée.

Critères de choix :

  • Aliment “adulte” adapté à la taille (mini, medium, maxi)
  • Ajustement selon l’activité physique (chien de travail vs chien sédentaire)
  • Surveillance du poids corporel avec ajustement des quantités
  • Prise en compte des sensibilités individuelles (digestive, cutanée)

Le chien senior

Avec l’âge, le métabolisme ralentit et certaines fonctions déclinent.

Adaptations nécessaires :

  • Aliments “senior” dès 7-8 ans (grandes races) ou 10 ans (petites races)
  • Apport protéique maintenu mais de haute qualité (soutien de la masse musculaire)
  • Énergie modérée (tendance à la sédentarité et au surpoids)
  • Enrichissement en antioxydants (vitamine E, sélénium) pour lutter contre le vieillissement cellulaire
  • Fibres augmentées pour faciliter le transit
  • Phosphore contrôlé (préservation de la fonction rénale)
  • Texture adaptée si problèmes dentaires (croquettes plus petites ou humide)

L’alimentation comme prévention de l’obésité

L’obésité affecte 40-50 % des chiens dans les pays occidentaux et constitue un facteur de risque majeur pour de nombreuses pathologies.

Conséquences de l’obésité

  • Troubles ostéo-articulaires : arthrose, rupture des ligaments croisés
  • Maladies cardio-respiratoires : hypertension, insuffisance cardiaque
  • Diabète sucré : résistance à l’insuline
  • Réduction de l’espérance de vie : jusqu’à 2 ans de moins
  • Complications anesthésiques : risques chirurgicaux augmentés

Prévention et gestion du poids

Calcul de la ration : Utilisez les recommandations du fabricant comme base, puis ajustez selon :

  • L’évolution du poids (pesée mensuelle)
  • La note d’état corporel (NEC) : côtes palpables mais non visibles, taille marquée vue du dessus

Stratégies pratiques :

  • Peser systématiquement les rations (ne pas se fier au “volume”)
  • Limiter les friandises à 10 % maximum de l’apport calorique quotidien
  • Privilégier les récompenses “légères” (légumes crus, morceaux de viande maigre)
  • Fractionner la ration en 2-3 repas
  • Ne jamais nourrir à table ou en réponse à la quémande
  • Maintenir une activité physique régulière (promenades quotidiennes)

Pour un chien en surpoids avéré, consultez votre vétérinaire qui établira un programme de perte de poids progressif et sécurisé.

Prévention des allergies et intolérances alimentaires

Les réactions alimentaires indésirables touchent environ 10 % des chiens.

Signes évocateurs

  • Démangeaisons chroniques (particulièrement oreilles, pattes, face ventrale)
  • Problèmes cutanés récidivants
  • Troubles digestifs chroniques (diarrhée, vomissements)
  • Infections auriculaires à répétition

Approche préventive

Rotation alimentaire raisonnée : Éviter de changer constamment de marque, mais ne pas hésiter à varier occasionnellement les sources de protéines pour limiter la sensibilisation.

Aliments hypoallergéniques : En cas de suspicion d’allergie, des aliments à protéines hydrolysées ou à source unique de protéine (monoproteiques) peuvent être proposés après exclusion d’autres causes par votre vétérinaire.

Introduction progressive : Tout changement alimentaire doit s’effectuer sur 7-10 jours en mélangeant progressivement le nouvel aliment à l’ancien pour éviter les troubles digestifs.

Prévention des calculs urinaires

Certaines races (Dalmatien, Schnauzer, Yorkshire) sont prédisposées aux calculs urinaires.

Stratégies nutritionnelles préventives

  • Hydratation optimale : favoriser la prise de boisson (fontaines à eau, alimentation humide)
  • Aliments spécifiques : régimes formulés pour diluer les urines et contrôler le pH
  • Éviter l’excès de certains minéraux : calcium, phosphore, magnésium selon le type de calculs
  • Protéines de qualité en quantité modérée : excès de protéines = excès d’acide urique

Après un épisode de calculs, une alimentation thérapeutique spécifique est souvent recommandée à vie. Pour les chats, choisir une alimentation adaptée est tout aussi crucial.

Ration ménagère vs aliments industriels

Les deux approches peuvent être équilibrées si correctement menées.

Avantages des aliments industriels

  • Équilibre nutritionnel garanti (si aliment “complet”)
  • Praticité
  • Coût maîtrisé
  • Traçabilité et contrôles qualité

Privilégiez les aliments “premium” dont la composition est transparente et les ingrédients de qualité identifiable.

Ration ménagère bien conduite

  • Contrôle total des ingrédients
  • Adaptation fine aux besoins individuels
  • Fraîcheur des aliments

Impératif : elle doit être élaborée avec un vétérinaire nutritionniste pour garantir l’équilibre, notamment en calcium, vitamines et oligo-éléments. Une ration “maison” non complétée expose à de graves carences.

Aliments dangereux à proscrire

Certains aliments anodins pour l’homme sont toxiques pour le chien :

  • Chocolat : théobromine cardiotoxique et neurotoxique
  • Raisin et raisins secs : insuffisance rénale aiguë
  • Oignon et ail : destruction des globules rouges (anémie hémolytique)
  • Xylitol (édulcorant) : hypoglycémie sévère, insuffisance hépatique
  • Avocat : toxique pour le cœur
  • Noix de macadamia : faiblesse, vomissements, hyperthermie
  • Alcool : dépression du système nerveux
  • Caféine : tachycardie, agitation, convulsions
  • Os cuits : risque de perforation ou d’occlusion intestinale

En cas d’intoxication suspectée, les premiers secours doivent être administrés immédiatement.

Compléments alimentaires : utiles ou superflus ?

Un aliment complet industriel de qualité ne nécessite généralement aucune supplémentation.

Compléments justifiés dans certains cas

  • Oméga-3 (EPA/DHA) : soutien articulaire, cutané, cognitif (chiens seniors)
  • Chondroprotecteurs (glucosamine, chondroïtine) : arthrose, grandes races prédisposées
  • Probiotiques : soutien de la flore intestinale après antibiothérapie ou troubles digestifs
  • Antioxydants : chiens âgés pour ralentir le vieillissement cellulaire

Attention : toute supplémentation doit être discutée avec votre vétérinaire. Un excès de certaines vitamines (A, D) ou minéraux (calcium, phosphore) peut être toxique.

Conclusion

L’alimentation préventive représente un investissement santé majeur pour votre chien. En choisissant un aliment adapté à son âge, sa race, son activité et son état de santé, vous lui offrez les meilleures chances de vieillir en bonne santé. Cette approche nutritionnelle s’intègre dans une stratégie globale de prévention incluant vaccination, vermifugation et protection antiparasitaire.

N’hésitez pas à solliciter l’expertise de votre vétérinaire lors des consultations de suivi pour évaluer la pertinence de l’alimentation de votre chien et l’ajuster si nécessaire. Une nutrition optimale contribue significativement à offrir à votre compagnon une vie longue, active et épanouie à vos côtés.

Mots-clés
alimentation nutrition prévention chien

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